Pour inaugurer la nouvelle section récit photographique du site, je vais vous raconter ma première expérience dans la photo de spectacle. Ce récit est très personnel et chacune des idées exprimées m’est propre et peuvent changer selon les visions.

L’avant spectacle

La photo de spectacle est une discipline nouvelle pour moi, car comme pour le concert, les occasions de s’y mettre sont assez rare (pour moi). Donc, quand on m’a proposé de couvrir le spectacle des enfants de la lune au cirque Jules Verne d’Amiens, j’ai sauté sur l’occasion. Je remercie d’ailleurs les ateliers du Val de Selle de leur confiance.

Quand on accepte ce genre de mission, il faut se renseigner un minimum sur les techniques à utiliser pour arriver à ses fins. La première chose à vérifier est le matériel adéquat pour cette discipline. Après avoir consulté quelques sites de professionnels de la photo de concert, mon choix s’est porté sur mon Tamron 17-50mm ƒ/2.8 et mon Tamron 70-200mm ƒ/2.8.

Il faut effectivement des objectifs à grande ouverture, car le flash est prohibé dans une salle de concert ou de spectacle. En plus, cela permet de garder l’ambiance des éclairages et la température de la lumière. Il faut aussi un appareil pouvant monter sa sensibilité à de hauts niveaux (6400 ISO dans ce cas précis).

L'affiche du spectacle
L’affiche du spectacle

Les répétitions

Dans un premier temps, je me suis dit que j’allais couvrir le spectacle au feeling et que je n’avais pas besoin d’assister aux répétitions. En lisant les différents avis sur la photo de concert, j’ai changé d’avis, je me suis donc déplacé et j’ai bien fait. Négliger les répétitions est une grosse erreur pour ce genre de photographie.

En assistant aux répétitions, j’ai eu le temps de choisir quelle sera l’optique que j’allais utiliser, ce sera le Tamron 70-200mm ƒ/2.8. J’ai aussi trouvé les différents réglages de mon appareil et surtout mon placement dans la salle. Enfin, j’ai décidé d’utiliser mon trépied de studio, le Vanguard MAK 203 afin de sauvegarder mon dos et permettre de descendre un peu la vitesse d’obturation.

Pour les réglages, mon choix s’est porté sur :

  • Sensibilité à 6400 ISO
  • Ouverture à ƒ/2.8
  • Focale entre 70mm et 200mm
  • Vitesse au minimum de 1/400s
  • Mesure d’exposition pondérée centrale

Les répétitions permettent aussi de discuter avec les techniciens lumière pour être dans de bonnes conditions le jour J. Elles permettent aussi et surtout de connaître les moments clés du spectacle. J’ai aussi récupéré le plan du déroulement du spectacle et les jeux de lumière associés.

Photo prise pendant les répétitions
Photo prise pendant les répétitions

Le spectacle

Pour ce spectacle, nous étions 2 photographes amateurs, 1 proche de la scène et moi au dessus des places assises. Mes photos sont donc soit du plan général soit du portrait avec un effet de plongé voulu. Une précision, ce spectacle met en scène des chevaux et du dressage, ce qui peut poser des problèmes de cadrage. J’ai eu la possibilité d’accéder aux coulisses et au maquillage, ce qui peut faire de belles photos.

La séance maquillage, même pour les garçons
La séance maquillage, même pour les garçons

Une fois le spectacle démarré, on ne peut plus se poser de question et il faut photographier en gardant un œil sur ses réglages. Il faut aussi espéré que l’on ne se soit pas trompé. Le fait d’avoir travaillé le programme aide beaucoup au placement et on n’est pas surpris des scènes qui s’enchaînent.

C’est assez éprouvant de suivre un spectacle complet, car il faut toujours être à l’affût du moindre changement non prévu. La position de prise de photo n’est pas forcément la meilleure (à genoux pour ma part). Une fois que l’on a fini, on est content d’avoir réussi et il ne reste plus qu’à vérifier son travail sur grand écran.

Elle fait le grand saut à partir du cheval
Elle fait le grand saut à partir du cheval

Le développement

Le dernier travail est le traitement de la masse de photos que j’ai pris pendant ce spectacle (un peu plus de 500). Il faut supprimer celles qui sont ratées (floues, mal cadrées, sujets tronqués, etc. …). Après on peut commencer le travail de développement. Il ne faut pas avoir peur d’éliminer toutes les photos qui ne représentent aucun intérêt, car le temps passé dessus ne servira à rien.

C’est dans cette dernière phase où le choix peut être complexe. Entre le noir et blanc, le sépia, la couleur, le recadrage, il ne faut pas se tromper. Cette partie est intimement liée à sa vision de la photographie et chaque développement est différent selon le photographe. Il ne faut pas non plus utiliser le même traitement pour toutes les photos, car ça n’aurait aucun sens.

J’essaie aussi de garder l’esprit des couleurs utilisées pour chaque scène, donc respecter le travaille des éclairagistes. Je ne peux pas vous donner une recette miracle pour ce genre de photo, mais j’utilise la luminance afin de réduire le bruit apporté par l’utilisation d’une sensibilité haute.

Le dressage de chevaux avant et après retouche
Le dressage de chevaux avant et après retouche

Ce premier essai en photographie de spectacle m’a donné envie de voir d’autres approches de cette discipline avec une vue au niveau de la piste. J’aimerai aussi tester la contre-plongée qui donne plus de présence aux artistes. Le mieux est de s’exercer pendant différentes répétitions afin de trouver son style sans prendre de risque de rater un spectacle complet.

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